Stress et Yoga

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Le stress est devenu le fléau numéro un dans le monde occidental. La solution la plus souvent privilégiée est celle qui consiste à se focaliser sur les symptômes, à l’aide de médicaments, de tranquillisants, d’alcool, de drogues, du tabac, ou de l’ignorer par la distraction, la télévision, la nourriture… Il est alors nécessaire d’avoir recours à des stimulants, tels le café, qui viennent tenter de reconstituer la réserve d’énergie entamée. Ce qui revient à conduire avec un pied sur l’accélérateur et l’autre sur le frein. Il y a d’autres solutions…

COMPRENDRE LE STRESS

Le problème du stress n’est pas la cause du stress, mais notre réponse au stress. Elle est, selon les cas, la mauvaise réponse, ou la bonne, mais sans le bon dosage.

Définitions

Le terme « stress » est utilisé pour désigner deux choses : une force ou une influence contraignante, la pression que la vie exerce sur nous ; et les répercussions en nous de cette pression : les sensations et sentiments qui accompagnent le stress (surcharge, fatigue, démoralisation, pouls cardiaque rapide, et autres signes déplaisants).

La source de la pression est appelée « stresseur ».
La façon que nous avons de réagir à la pression est appelée « réponse d’adaptation au stress » (allostasis).
Les effets négatifs qui s’installent graduellement et finissent par modifier notre mode de fonctionnement normal sont appelés « surcharge allostatique». Elle représente le stress négatif, la pression, le défi ou le changement accompagnés de peur ou tout autre réponse émotionnelle durable.

Les mécanismes de la réponse au stress

Une certaine quantité de stress est nécessaire au cerveau pour se développer et maintenir sa plasticité. Les stress positifs nous sont en fait tout à fait bénéfiques : ils nous maintiennent alertes, nous apprenons plus facilement, rapidement, ils génèrent des émotions positives,…

En revanche, une quantité trop importante de stress non ou mal géré finit par déranger notre système intérieur, nous fait perdre notre vitalité, notre capacité à nous centrer, et notre sens de nous-même.

La réponse primaire au stress est celle qui nous permet de combattre ou de fuir : elle permet de faire passer rapidement notre « machine » d’un mode de fonctionnement qui tient compte de nos besoins à long terme à un mode de fonctionnement qui permet de gérer l’urgence : les poumons ont besoin de davantage d’oxygène : le rythme cardiaque s’accélère afin de délivrer suffisamment d’oxygène au sang et aux organes ; les vaisseaux sanguins se resserrent (la pression sanguine augmente).
Afin que nous puissions nous déplacer rapidement et loin si nécessaire, les muscles ont besoin de davantage de carburant (d’énergie), notamment ceux des jambes ; pour cela, nos glandes sécrètent des hormones qui transforment instantanément les glucides stockés en sucres disponibles.

La réponse secondaire au stress nous donne la capacité de nous défendre contre les blessures et de supporter la douleur : notre système immunitaire mobilise et envoie des globules blancs dans le sang ; notre sensibilité à la douleur est diminuée ; les systèmes qui n’ont pas leur utilité dans la situation de danger (digestif par exemple) sont mis en sommeil afin qu’ils ne prélèvent pas d’énergie.

Toutes les fonctions corporelles qui sont destinées en temps normal à nous « réparer », sont mises en arrière-plan, et toute notre énergie est consacrée aux fonctions qui nous permettent de nous défendre.Ainsi, si la situation de stress se prolonge, le corps met en sommeil le système immunitaire afin que l’énergie soit envoyée en priorité aux organes de réponse primaire : le cœur et les poumons.

La chimie de la réponse au stress

L’hypothalamus est le chef d’orchestre du corps. Dans les premiers instants du stress, il est mis en alerte et reçoit un flot d’informations en provenance du corps. Sa première réponse est réflexe et conduite par le système de communication le plus rapide existant dans le corps : un circuit nerveux qui le met en relation directe avec les glandes surrénales.

Ces dernières répondent en sécrétant la principale hormone du stress : l’adrénaline ou épinéphrine, qui provoque une augmentation générale de nos « performances » : le pouls augmente, le sang afflue vers les muscles et les organes, les poumons se dilatent, l’oxygène y afflue, ainsi que dans le cerveau afin de le rendre plus prompt à répondre, les poils se hérissent sur la peau en raison de la contraction des vaisseaux sanguins ; l’adrénaline produit le fibrinogène qui facilite la cicatrisation et réduit le flux de sans en cas d’hémorragie ; le glucose est prélevé dans les stocks d’énergie.

La seconde réponse au stress est déclenchée par un message envoyé par l’hypothalamus à la glande pituitaire qui sécrète la corticotrophine.

La glande pituitaire envoie quant à elle un message à la médullosurrénale (partie centrale des surrénales, qui sécrète les hormones) pour qu’elles sécrètent le cortisol, une autre hormone importante dans la biochimie du stress.

Le cortisol est chargé de reconstituer les réserves d’énergie entamées par la montée rapide d’adrénaline. L’appétit revient…. C’est la raison pour laquelle les problèmes de stress sont souvent en lien avec ceux de la nourriture et de l’obésité : se laisser envahir par un stress continuel crée une activité trop importante du cortisol, qui stocke en permanence…

Ce travail du système endocrinien (les sécrétions d’hormones) est donc en équilibre très subtil. Les bonnes hormones, en quantité suffisante, ni trop, ni trop peu…

Une quantité trop importante, ou sécrétée sur le long terme, des hormones du stress implique la mise en sommeil du système immunitaire. Les personnes subissant du stress régulièrement sont ainsi plus sensibles aux infections, rhumes,à la dépression qui dure, la mélancolie, l’alcoolisme, les dérangements gastro-intestinaux, les problèmes de mémoire,…

Au contraire, trop peu de cortisol, et le système immunitaire s’emballe, avec cette fois, allergies, inflammations, fatigue chronique, asthme, dépression saisonnière,…

LE YOGA ET LE STRESS

Il y a bien sûr la solution qui consiste à se mettre à l’abri de toute situation de stress…
Il y a aussi celle qui consiste à contrôler et diriger la réponse que nous apportons à cette situation. Le stress nous met sur la défensive, nous rapetisse, nous prive de notre vitalité. Nous perdons la capacité à évaluer de façon neutre une situation, notre jugement est altéré .
Un mental agité par le stress diminue notre capacité à créer et à maintenir des relations harmonieuses. Nous perdons notre authenticité.

Il s’agit donc de retrouver l‘espace intérieur qui permet à l’ensemble de nos cellules de communiquer entre elles, et avec le monde extérieur. Maîtriser notre monde intérieur, pour changer notre rapport au monde extérieur.

Notre vitalité diminue quand nous bloquons notre réponse au flot de la vie : nous devenons rigides, nous nions nos émotions, nous les camouflons, au lieu de les conscientiser et de faire un travail sur elles. Nos peurs et traumatismes paralysent notre intelligence naturelle. Tout cela se passe en général de façon imperceptible, reste enfoui dans le subconscient, ou est tout simplement nié.

C’est la raison pour laquelle le Kundalini Yoga s’attache aussi bien à libérer les ressources que nous possédons déjà mais qui restent bloquées, qu’à acquérir de nouvelles capacités.

Il rétablit l’intégrité de nos corps physique, émotionnel et mentaux, et ainsi réduit le fossé qui nous sépare de ce que nous expérimentons : une relation harmonieuse avec notre environnement suppose que l’on se soit libéré de nos conflits internes.

Les exercices de Kundalini Yoga visent à nettoyer le subconscient de la peur, de la colère et de la souffrance qui résident en nous, car ces vibrations interfèrent avec nos perceptions, notre conscience et notre santé.

Stress positif et stress toxique

C’est bien connu aujourd’hui, le stress est un stimulant tant qu’il ne prend pas le contrôle de son hôte. Des études ont montré la relation existant entre d’une part le taux d’adrénaline présent chez des étudiants et, d’autre part, leurs résultats aux examens ainsi que leur capacité de concentration. Il a été montré également que l’on trouvait davantage de cas de névroses chez des personnes ayant une production d’adrénaline trop faible.

Le Kundalini Yoga prend en compte les deux sortes de stress : pour mieux apprendre à gérer le stress toxique, il fait appel aux effets bénéfiques du stress non-toxique.

Il s’agit d’utiliser intentionnellement et consciemment de petites doses homéopathiques de stress pour rendre l’esprit alerte, diriger le flux des pensées, réveiller les ressources guérissantes qui sont en nous, renforcer le système nerveux et augmenter notre « calibre ».

Cette relation continue avec des doses homéopathiques de stress construit progressivement une capacité décuplée à se sortir de situations difficiles.

Mais ce n’est pas pour autant l’effort en lui-même qui est important. C’est davantage l’habitude prise de cultiver en soi une « zone de non-stress », qui nous guide ensuite à travers les eaux marécageuses de nos peurs, de nos mauvaises habitudes, de nos émotions paralysantes, vers plus de force, de tranquillité et de clarté : c’est grâce à un entraînement vigoureux que nous pouvons vraiment nous relaxer.

Les techniques de Kundalini Yoga cherchent à venir confronter nos limites (physiques, mentales, émotionnelles), mais toujours depuis une zone de tranquillité et de calme (la zone de non-stress). Ensuite, nous nous asseyons avec le résultat, la réaction. Et nous observons. Nous explorons. Nous ressentons. Nous permettons que ce qui doit être exprimé/regardé/… le soit. Nous laissons être ce qui émerge du subconscient jusqu’à la lumière de la conscience. Laisser se dissoudre les choses en nous qui ne nous servent pas, les manques d’estime, les mauvaises habitudes,…

Le Kundalini Yoga nous fait prendre l’habitude de rencontrer des petits défis auto-imposés (des petits stresseurs) qui nous permettent d’engranger de la confiance, succès après succès, par une pratique régulière. Nous faisons l’expérience que nous pouvons contrôler notre compulsion à baisser les bras face aux défis. Nous gagnons peu à peu la maîtrise du corps, du mental des émotions. L’habitude de puiser dans notre vitalité la force intérieure de rencontrer les défis, avec enthousiasme et confiance, est alors disponible dans notre vie quotidienne.

Systèmes nerveux sympathique et parasympathique

Notre système nerveux a deux composantes : le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique. Le premier est « l’accélérateur » (il nous permet l’action), le second le « frein » (il nous permet la récupération).

Ils sont tous deux en relation, de sorte que si l’on sollicite l’un d’entre eux, l’autre répondra pour rétablir l’équilibre. Ainsi, si vous vous reposez, vous ressentez ensuite le besoin de bouger. Inversement, lorsque vous pratiquez vigoureusement un exercice bien choisi, vous plongez ensuite dans une profonde relaxation…

Les exercices de Kundalini Yoga utilisent cette relation en jouant sur le rythme, la durée, l’alternance des mouvements, des respirations…. Ces variations habituent notre esprit à s’adapter rapidement aux stresseurs.

Mouvements, rythmes, musique, sons, mantras, respirations,…. permettent également de stopper la réaction habituelle de l’hypothalamus aux pensées et émotions stressantes.

Nerf vague

Le nerf vague ou nerf parasympathique est le plus important des nerfs crâniens. Il joue un rôle majeur dans la régulation végétative (digestion, fréquence cardiaque,…). Son bon fonctionnement est essentiel à notre santé et à notre vitalité. Il permet la relaxation, comme réponse physiologique à une situation de stress.

Le renforcer est un des objectifs des exercices de Kundalini Yoga.

Sources :
« Vitality and Stress » – Kundalini Research Institute
« Relax and Renew » – Guru Rattan Kaur et Ann Marie Maxwell